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Des bénéfices évalués

Des taux d'allaitement en augmentation

 

Les pays qui ont adopté des politiques de promotion de l'allaitement maternel ont des taux d'allaitement en augmentation[1].

A Cuba, le taux d'allaitement exclusif à quatre mois est passé de 25% en 1990 à 72% en 1996.

En Chine (20 millions de naissances par an), dans les régions rurales, le taux d'allaitement maternel exclusif à quatre mois est passé de 29% en 1992 à 68% en 1994 ; dans les régions urbaines, de 10% à 48%. Au Brésil, le taux d'allaitement maternel exclusif à quatre mois était de 4% en 1986 et était de 42% en 1996 . Au Sri Lanka, le taux d'allaitement maternel exclusif à quatre mois est passé de 14% en 1987, à 24% en 1993, et durant la même période, le taux d'allaitement à 20-23 mois est passé de 46% à 66%. Au Pays Basque espagnol où 16 000 bébés naissent tous les ans[2], l'hôpital de Cruces (le plus grand de la région, avec 5000 naissances par an et 150 personnes qui y travaillent), une politique active en matière d'allaitement a permis une augmentation significative des taux d'allaitement (doublement du taux d'allaitement à 3 mois, tableau 24).

Taux d'allaitement à Cruze

En Biélorussie, une étude[3] a montré que les bébés qui naissaient dans des maternités qui suivaient une bonne partie des recommandations de l'IHAB, avaient de bien meilleures chances d'être allaités que les autres (tableau 25).

Taux d'allaitement en Biélorussie*Maternité dont le personnel a suivi une formation basée sur les principes de l'IHAB. Ces maternités ne sont pas labellisées.

 

C'est également la conclusion apporté par l'UNICEF au Royaume-Uni : les taux d'allaitement en maternités augmentent pour 21 maternité qui ont été reconnu « Amies des bébés » : deux ans avant de recevoir le label, le taux d'allaitement était de 60% en moyenne pour passer un an après à 70%[4]. En Italie, des maternités ont reçu une formation pour appliquer les dix conditions de l'IHAB[5]. Elles ont été réparties entre deux groupes (le premier groupe comprenant 4 maternités importantes du sud de l'Italie, dans le groupe 2, quatre maternités du nord et du centre). Les résultats montrent une augmentation des taux d'allaitement après la formation (tableau 26).

Taux d'allaitement en Italie

Des progrès pour la santé[6]

Au Panama, les cas d'infections respiratoires sont passées de 43 à 18/1000 dans une maternité devenue "Amie des Bébés".

En Mongolie, les hémorragies du post-partum et la mortalité maternelle ont diminué de moitié, ainsi que le taux de mortalité infantile, depuis la mise en place de l'Initiative Hôpital "Ami des Bébés".

Au Brésil, une maternité devenue "Ami des Bébés" a vu le taux de mortalité des bébés passer de 37 à 20/1000, et les hospitalisations de nourrissons chuter de 115 à 69/1000.

En Moldavie, les cas d'infections néonatales recensées dans un hôpital suivant les recommandations de l'UNICEF sont passés de 23% en 1986 à 4% en 1996.

En Biélorussie, une étude[7] a montré que les nourrissons nés dans les maternités suivant les recommandations de l'IHAB avaient 9,3% de risque de subir une infection gastrointestinale (resp. 3,3% d'avoir de l'eczéma) contre 13,2 % (resp. 6,3%) pour les bébés du groupe contrôle. Cependant, pas de diminution significative concernant les épisodes d'affections respiratoires n'a été observée.

En France[8], une étude épidémiologique concernant les affections suivantes : bronchiolite (non compliquée et compliquée), bronchite, rhinite, rhinopharyngite, otite, diarrhée, gastro-entérite, reflux gastro-oesophagien, infections urinaires et eczéma a tenté d‘évaluer l‘impact du mode alimentaire sur la santé des nourrissons.

Les informations concernant ces pathologies ont été collectées chez 7 pédiatres, avec un total de 551 consultations dont 172 (soit 31%) pour affections le reste se dispersant entre visites de contrôle et vaccinations.

L'étude de la répartition des types d'alimentation pour l'ensemble des visites permet d'évaluer des taux d'allaitement pour la population totale (tableau 27).

Répartition des affections des nourrissons selon mode alimentaire

Des bénéfices économiques dans le monde[9]

 

Economie pour les familles

Quand leurs bébés ne sont pas allaités, les familles de l'ex-Yougoslavie dépensent approximativement 70% de leur salaire pour l'achat de substituts artificiel du lait maternel durant les six premiers mois.

Un Argentin qui dépense 50 dollars US par mois pour l'achat de préparations pour nourrissons pourrait acheter 15 kg de viande, 75 kg d'orange ou 50kg de légumes pour lui ou sa familles avec cette somme.

Economie pour les employeurs

Des programmes de support à l'allaitement maternel aux USA ont permis une baisse de l'absentéisme de 27% et une baisses du coût des soins de santé de 36%.

Coût de l'alimentation de substitution: valeur du lait maternel

Au Pakistan, les importations de préparations pour nourrissons représentaient 4 millions de dollars en 1982-1983, 8,5 millions de dollars en 1987-1988 et 43,5 millions de dollars de juillet 1995 à avril 1996.

Si tous les bébés étaient allaités, la valeur nette du lait maternel produit au Ghana, serait de 165 millions de dollars. L'actuelle "perte en production de lait maternel" représente une valeur de 33 millions de dollars.

En Norvège, en 1992, 8,2 millions de kg de lait maternel ont été produits évalué à 410 millions de dollars US, c'est-à-dire à 50 dollars US le litre, prix payé par les hôpitaux Norvégiens.

Alors que la production de l'alimentation infantile industrielle est inclue dans le calcul du produit national brut (PNB), la valeur du lait maternel reste absente de cette évaluation. Cela conduit à la conséquence absurde d'une diminution du PNB quand les taux d'allaitement augmentent.

La production de lait maternel annuelle a été estimée dans plusieurs pays africains à une moyenne de 10kg par individu (entre 8 et 17 kg). Même si le lait maternel n'est évalué qu'à 1 dollar le litre, le PNB serait augmenté de 1% au Zimbabwe et de 6% au Mali s'il était inclus dans le calcul de PNB.

La valeur du lait maternel produit annuellement en Australie a été évaluée entre 1,7 et 2,7 billions de dollars australiens, selon la méthode d'évaluation utilisée. Si les objectifs de la Déclaration d'Innocenti concernant l'allaitement maternel étaient atteints, la valeur de la production du lait maternel augmenterait encore de 3,4 billions de dollars australiens, représentant ainsi 3,1% de la Production Domestique Brute (PDB) et 40% des dépenses de santé publique.

Coût pour la santé de l'alimentation de substitution

Pour chaque bébé allaités durant six mois, le gouvernement des USA peut économiser 450 à 800 dollars en coût de soin de santé et en coût social. Les maladies attribuées à l'alimentation artificielles coûtent 291 millions de dollars par an pour les diarrhées infantiles; 225 millions de dollars pour le virus syncytial respiratoire (reponsable des bronchiolites); 660 millions de dollars pour les otites, et 10 à 125 millions de dollars pour le diabète insulino-dépendant.

Si la prévalence de l'allaitement maternel exclusif à trois mois augmentait de 60% jusqu'à 80% en Australie, 11,5 millions de dollars australiens seraient économisés en soins de santé pour les otites, le diabète insulino-dépendant, les maladies gastro-intestinales et l'eczéma seuls.

En Inde, si l'allaitement maternel ne prévenait qu'un seul épisode de diarrhée par enfant et par an, l'argent économisé excéderait le budget national pour la santé infantile. L'aménorrhée due à la lactation est de loin la meilleure méthode contraceptive du pays; sa valeur dans le programme national de planification familial est égale à environ la moitié du budget total.

Dans l'ex-Yougoslavie, seuls 30% des nourrissons sont partiellement allaités à 4 mois. Si ce taux augmentait à 70%, 449 millions de dollars US seraient économisés par la prévention de 99 000 infections respiratoires, 33 0000 otites, 123 cas de diabète, 84 cas de cancer du jeune enfant et 152 cas de cancer ovarien chaque année.



[1] Progress Report Baby-Friendly Hospital Initiative 1997, UNICEF

[2] Baby Friendly Hospital Initiative, Nov 2000

[3] Kramer MS et al, Promotion of Breastfeeding Intervention Trial (PROBIT) : a randomized trial in the Republica of Belarus, JAMA, 2001 janv 24-31; 285 (4) : 413-20

[4] A. Radford, Unicef is crucial in promoting and supporting breat feeding, BMJ, 2001 Mars; 322 : 555

[5] A. Cattaneo et al, Effect on rates of breastfeeding of training for the BFHI, BMJ, dec 20001, 323 : 1358 -62.

[6] Progress Report Baby-Friendly Hospital Initiative 1997, UNICEF

[7] Kramer MS et al, Promotion of Breastfeeding Intervention Trial (PROBIT) : a randomized trial in the Republica of Belarus, JAMA, 2001 janv 24-31; 285 (4) : 413-20

[8] "L'allaitement maternel : choix personnel, problème de santé publique ou question de finance publique ?" mémoire DESS économie gestion hospitalière privée de Anne-Marie LECLERCQ, avril 1997.

[9] Dossier de presse Semaine Mondiale de l'Allaitement Maternel 2002, Coordination Française pour l'Allaitement Maternel, www.coordination-allaitement.org